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SEMIS D'HIVER — CANADA

Semis d'hiver en contenant

Semer dehors, en plein hiver, dans une cruche de lait fermée — et laisser la graine germer à son propre rythme au printemps. Sans lampe, sans tapis chauffant, sans bord de fenêtre et sans acclimatation, avec la fenêtre de semis calculée pour 52 villes canadiennes.

Semis d'hiver en contenant : coupez une cruche de lait de 4 L presque tout autour, ajoutez 10 cm de terreau humide, semez, refermez au ruban adhésif, retirez le bouchon et posez la cruche dehors. Sortez-les à partir d'environ quatre semaines après votre premier gel d'automne et au plus tard environ six semaines avant votre dernier gel de printemps. Les plantules lèvent vers la date du dernier gel et ne demandent aucune acclimatation. Semez vivaces rustiques, fleurs indigènes, annuelles rustiques et légumes tolérants au froid — jamais de tomates, de poivrons ni de basilic. La fenêtre va de 2 semaines à Victoria à 29 semaines à Thompson.

Ce que c'est — et ce que ce n'est pas

Coupez une cruche de lait de quatre litres presque tout autour, à une dizaine de centimètres du fond, en laissant une charnière. Percez des trous de drainage dans le fond. Remplissez la base de 10 cm de terreau humide, semez à la profondeur habituelle, refermez, scellez la coupe au ruban adhésif et jetez le bouchon. Posez la cruche dehors, là où elle recevra neige et soleil, et n'y touchez plus jusqu'au printemps.

La cruche est une mini-serre non chauffée. Les précipitations entrent par le goulot ouvert, les parois retiennent cette humidité, et la graine traverse exactement les gels et dégels qu'elle connaîtrait à même le sol. Rien ne germe avant que les conditions propres à la graine ne soient réunies, et c'est tout l'intérêt : ce n'est pas vous qui décidez du moment, c'est elle. Vous obtenez au printemps des plants trapus, endurcis par le temps, qui n'ont jamais mis les pieds à l'intérieur — si bien que tout le rituel de l'acclimatation, cette semaine à sortir et rentrer les caissettes qui tue plus de semis d'intérieur que n'importe quel ravageur, ne s'applique tout simplement pas.

À ne pas confondre avec le semis d'automne sous châssis. Celui-là se fait d'octobre à décembre : les plants germent le même automne et passent l'hiver vivants, généralement sous châssis froid — c'est la technique derrière les épinards hâtifs de la côte ouest. Le semis d'hiver en contenant se fait en plein cœur de l'hiver, avec l'intention délibérée que rien ne germe avant le printemps. Le premier demande à une plantule de survivre à l'hiver ; le second demande à une graine de l'attendre. Le second pardonne beaucoup plus en zone froide.

Votre fenêtre de semis, ville par ville

Deux dates encadrent la fenêtre, et les deux découlent des normales de gel de votre propre ville. Sortir à partir du correspond à environ quatre semaines après le premier gel d'automne moyen — assez tard pour que l'hiver soit installé et qu'un redoux ne déclenche pas une germination suivie d'un gel dur. Semer avant le correspond à environ six semaines avant le dernier gel de printemps moyen, ce qui laisse à la graine une vraie période de froid. Levée attendue vers la date du dernier gel — mais c'est la graine qui tranche, pas le calendrier.

L'écart est ce qu'aucun guide américain ne vous dira. Victoria dispose d'environ 2 semaines ; Thompson d'environ 29. Et ce sont les villes côtières douces qui sont à l'étroit, pas les froides : un hiver court aux deux bouts laisse très peu de milieu.

Ville Zone Sortir à partir du Semer avant le Levée attendue Fenêtre
Thompson, MB 1a 3 oct. 27 avr. 8 juin 29 sem.
Prince Albert, SK 2b 6 oct. 16 avr. 28 mai 27 sem.
Prince George, BC 4a 8 oct. 20 avr. 1 juin 28 sem.
Saskatoon, SK 3a 10 oct. 13 avr. 25 mai 26 sem.
Red Deer, AB 3b 11 oct. 7 avr. 19 mai 25 sem.
Brandon, MB 3a 13 oct. 16 avr. 28 mai 26 sem.
Regina, SK 3a 15 oct. 9 avr. 21 mai 25 sem.
Sudbury, ON 4b 15 oct. 19 avr. 31 mai 27 sem.
Sherbrooke, QC 4b 15 oct. 16 avr. 28 mai 26 sem.
Winnipeg, MB 3a 18 oct. 13 avr. 25 mai 25 sem.
Thunder Bay, ON 3b 18 oct. 16 avr. 28 mai 26 sem.
Calgary, AB 3b 19 oct. 11 avr. 23 mai 25 sem.
Medicine Hat, AB 4b 20 oct. 3 avr. 15 mai 24 sem.
Edmonton, AB 4a 21 oct. 2 avr. 14 mai 23 sem.
Barrie, ON 5b 22 oct. 9 avr. 21 mai 24 sem.
Fredericton, NB 5a 24 oct. 5 avr. 17 mai 23 sem.
Lethbridge, AB 4b 25 oct. 2 avr. 14 mai 23 sem.
Québec, QC 5a 26 oct. 5 avr. 17 mai 23 sem.
Moncton, NB 5a 26 oct. 3 avr. 15 mai 23 sem.
Trois-Rivières, QC 4b 1 nov. 3 avr. 15 mai 22 sem.
Corner Brook, NL 4b 1 nov. 24 avr. 5 juin 25 sem.
Gatineau, QC 5a 2 nov. 19 mars 30 avr. 19 sem.
Montréal, QC 5b 3 nov. 28 mars 9 mai 21 sem.
Saint John, NB 5b 4 nov. 27 mars 8 mai 20 sem.
Kamloops, BC 6b 5 nov. 23 mars 4 mai 20 sem.
Kingston, ON 6a 6 nov. 29 mars 10 mai 20 sem.
Laval, QC 5b 6 nov. 17 mars 28 avr. 19 sem.
Sydney, NS 5b 6 nov. 8 avr. 20 mai 22 sem.
Ottawa, ON 5a 8 nov. 28 mars 9 mai 20 sem.
St. John's, NL 5b 9 nov. 12 avr. 24 mai 22 sem.
Charlottetown, PE 5b 10 nov. 29 mars 10 mai 20 sem.
Kelowna, BC 6b 11 nov. 24 mars 5 mai 19 sem.
Oshawa, ON 6a 11 nov. 18 mars 29 avr. 18 sem.
London, ON 6a 14 nov. 11 mars 22 avr. 17 sem.
Kitchener, ON 6a 14 nov. 20 mars 1 mai 18 sem.
St. Catharines, ON 7a 14 nov. 15 mars 26 avr. 17 sem.
Halifax, NS 6a 14 nov. 29 mars 10 mai 19 sem.
Guelph, ON 5b 15 nov. 26 mars 7 mai 19 sem.
Niagara Falls, ON 6b 18 nov. 17 mars 28 avr. 17 sem.
Markham, ON 6b 21 nov. 17 mars 28 avr. 16 sem.
Brampton, ON 6b 21 nov. 17 mars 28 avr. 16 sem.
Mississauga, ON 6b 24 nov. 9 mars 20 avr. 15 sem.
Hamilton, ON 6b 24 nov. 14 mars 25 avr. 16 sem.
Windsor, ON 7a 24 nov. 9 mars 20 avr. 15 sem.
Abbotsford, BC 8a 28 nov. 27 févr. 11 avr. 13 sem.
Toronto, ON 6b 28 nov. 9 mars 20 avr. 14 sem.
Chilliwack, BC 8a 5 déc. 23 févr. 7 avr. 12 sem.
Nanaimo, BC 8b 13 déc. 5 févr. 20 mars 8 sem.
Burnaby, BC 8a 13 déc. 31 janv. 15 mars 7 sem.
Surrey, BC 8a 13 déc. 31 janv. 15 mars 7 sem.
Vancouver, BC 8b 28 déc. 31 janv. 15 mars 5 sem.
Victoria, BC 8b 12 janv. 26 janv. 10 mars 2 sem.

Les dates de gel proviennent des normales climatiques d'Environnement et Changement climatique Canada ; les deux dates de la fenêtre sont calculées à partir d'elles au chargement de la page. Ce sont des repères de calendrier : ils indiquent quand l'hiver est installé et quand le printemps arrive chez vous — pas si un hiver donné fournit assez de froid pour une espèce donnée, ce qui est une autre question et demanderait des températures hivernales plutôt que des dates de gel.

Quoi semer — et ce qui ne marche jamais

Trois groupes réussissent et un échoue à coup sûr. Les espèces ci-dessous sont regroupées selon leur comportement plutôt que selon un nombre précis de jours de froid : les exigences de stratification publiées varient d'un semencier à l'autre et d'un lot à l'autre — considérez tout chiffre précis comme un point de départ, pas comme une mesure.

Exigent le froid

Semences qui ne germent pas du tout sans période de froid humide. Pour elles, le semis d'hiver n'est pas un raccourci : c'est la façon naturelle de satisfaire l'exigence.

  • Échinacée
  • Rudbeckie
  • Asclépiade — hôte du monarque
  • Ancolie
  • Monarde
  • Liatris
  • Lupin — scarifier la graine d'abord

Annuelles rustiques

N'exigent pas de froid, mais se ressèment d'elles-mêmes au jardin — exactement ce que fait une cruche, sous surveillance.

  • Calendula
  • Bleuet (Centaurea)
  • Pied-d'alouette
  • Pavot
  • Muflier
  • Pois de senteur

Légumes tolérants au froid

Aucune exigence de froid : ici la cruche est simplement un très petit châssis qui donne des transplants robustes avec des semaines d'avance.

  • Chou frisé (kale)
  • Épinard
  • Laitue
  • Brocoli et chou
  • Oignon et poireau

Jamais en semis d'hiver

Les espèces gélives refusent de germer ou germent au premier redoux et meurent au gel suivant. C'est de loin l'erreur de débutant la plus courante.

  • Tomates, poivrons, aubergines
  • Basilic
  • Concombres, courges, melons
  • Zinnias, cosmos, œillets d'Inde

Les cultures gélives se sement à l'intérieur sous lampe, selon un calendrier — c'est à cela que sert le calculateur de semis. Semis d'hiver et semis d'intérieur sont complémentaires, pas concurrents : la plupart des jardiniers finissent par faire vivaces et verdures rustiques en cruches dehors, et tomates et poivrons sous lampe dedans.

Préparer une cruche, étape par étape

  1. Percez d'abord les trous de drainage. Cinq ou six dans le fond, avec une broche chauffée ou une perceuse. Pas facultatif — sans drainage, la cruche devient un bloc de glace puis une flaque putride.
  2. Coupez presque tout autour, à une dizaine de centimètres du fond, en laissant 5 cm non coupés sous la poignée comme charnière.
  3. Remplissez de 10 cm de terreau humide. Humide, pas détrempé : il doit tenir en boule sans s'égoutter. Un terreau à semis convient ; la terre du jardin, non, elle se compacte et croûte.
  4. Semez à la profondeur habituelle de l'espèce et arrosez délicatement.
  5. Étiquetez à l'intérieur, pas à l'extérieur. Quatre mois de soleil et de neige effacent complètement un marqueur sur l'extérieur. Écrivez au crayon de plomb sur une bande de couvercle de plastique et glissez-la dedans.
  6. Scellez la coupe au ruban adhésif tout autour et jetez le bouchon. Le goulot ouvert est la voie d'entrée des précipitations et la sortie de la chaleur par temps clair.
  7. Posez la cruche dehors là où elle recevra neige et soleil sans se renverser — contre un mur nord ou est de préférence, ce qui évite le pire des alternances gel-dégel de fin d'hiver d'une façade sud.

Ce qui échoue vraiment

L'assèchement au printemps

Cela tue plus de semis d'hiver que tout l'hiver réuni. Une cruche au soleil d'avril chauffe et sèche bien plus vite que la pleine terre. Dès la levée, vérifiez tous les deux jours.

Semer trop tôt

Une cruche sortie au début de l'automne peut germer à un redoux, et la plantule affronte alors l'hiver sans racines. Attendez la date du tableau ci-dessus.

Tout ouvrir d'un coup

Les plantules élevées en cruche fermée sont robustes, mais le passage brutal d'une boîte humide et abritée au plein vent de printemps les brûle quand même. Rabattez le haut par temps doux pendant une semaine d'abord.

S'affoler à un redoux

Un redoux de février qui fait fondre la neige sur vos cruches n'est pas une catastrophe et ne justifie pas de les rentrer. L'alternance gel-dégel est le mécanisme, pas une menace pour lui.

Questions fréquentes sur le semis d'hiver

Qu'est-ce que le semis d'hiver en contenant ?

C'est semer dehors, en plein hiver, à l'intérieur d'un contenant translucide fermé — le plus souvent une cruche de lait de 4 L coupée presque tout autour, remplie d'environ 10 cm de terreau humide, semée, refermée au ruban adhésif et posée dehors sans son bouchon. La cruche se comporte comme une mini-serre non chauffée. La neige et la pluie entrent par le goulot ouvert, le contenant retient l'humidité, et la graine vit exactement les alternances de gel et de dégel qu'elle connaîtrait au sol dans la nature. Rien ne germe avant que les conditions ne soient vraiment réunies, ce qui, dans la majeure partie du Canada, signifie de la fin mars à mai. La méthode ne demande ni lampe de culture, ni tapis chauffant, ni place sur le bord d'une fenêtre, ni acclimatation, puisque la plantule a vécu dehors depuis toujours. Ce n'est pas une façon de prendre de l'avance sur les tomates : c'est une façon de produire des plants rustiques sans installation intérieure.

Est-ce la même chose que le semis d'automne sous châssis ?

Non, et la confusion est facile parce que les deux expressions se ressemblent. Le semis d'automne — souvent appelé semis d'hiver dans les guides de la côte ouest — se fait d'octobre à décembre : les plants germent le même automne, atteignent la taille de plantule, puis passent l'hiver vivants, généralement sous châssis froid ou sous voile. C'est ainsi que les jardiniers de la côte de la Colombie-Britannique mènent épinards et laitues jusqu'à une récolte hâtive au printemps. Le semis d'hiver en contenant se fait en plein cœur de l'hiver, dans un contenant fermé, avec l'intention délibérée que rien ne germe avant le printemps. Le premier demande à une plantule de survivre à l'hiver ; le second demande à une graine de l'attendre. Le second pardonne beaucoup plus en zone froide, car une graine tolère ce qu'une plantule ne tolère pas.

Quand sortir les cruches au Canada ?

Deux dates encadrent la fenêtre, et les deux se calculent à partir des gels de votre propre ville. La date la plus hâtive raisonnable se situe environ quatre semaines après votre premier gel d'automne moyen : l'hiver est alors installé et un redoux ne risque plus de déclencher une germination suivie d'un gel dur. La date limite utile se situe environ six semaines avant votre dernier gel de printemps moyen, ce qui laisse encore à la graine une vraie période de froid et à la plantule le temps de se développer. Cette fenêtre varie énormément d'un bout à l'autre du pays : environ deux semaines à Victoria, près de sept mois dans le nord du Manitoba. La règle traditionnelle — semer après le solstice d'hiver — tombe effectivement à l'intérieur de la fenêtre presque partout au Canada, ce qui explique sa longévité, mais elle est loin de couvrir toute la fenêtre dans la majeure partie du pays.

Quelles semences conviennent au semis d'hiver ?

Trois groupes fonctionnent. D'abord les vivaces rustiques et les fleurs sauvages indigènes dont la semence exige une période de froid humide avant de germer : échinacée, rudbeckie, asclépiade, ancolie, monarde, liatris, lupin. Pour celles-là, le semis d'hiver n'est pas seulement commode, c'est la façon naturelle de satisfaire une exigence qui supposerait autrement des mois de sac humide au réfrigérateur. Ensuite les annuelles rustiques qui se ressèment d'elles-mêmes au jardin : calendula, bleuet, pied-d'alouette, pavot, muflier. Enfin les légumes tolérants au froid — chou frisé, épinard, laitue, brocoli, chou, oignon, poireau — où la cruche joue simplement le rôle d'un petit châssis froid et vous donne des transplants déjà endurcis. Ce qui ne fonctionne pas, c'est tout ce qui est gélif : tomates, poivrons, basilic, concombres, courges, zinnias, cosmos et œillets d'Inde ne germent pas ou germent au premier redoux et meurent.

Faut-il arroser les cruches en hiver ?

Rarement, et c'est une bonne part de l'intérêt de la méthode. Le contenant est fermé sur les côtés et sur le dessus mais ouvert au goulot : la neige et la pluie entrent tandis que l'évaporation reste faible. Pendant la majeure partie d'un hiver canadien, le terreau reste humide sans aucune intervention. Deux moments demandent tout de même une vérification. Le premier est une longue période de froid sec sans couverture de neige, où une cruche peut s'assécher : soulevez-la, et si elle est légère, arrosez. Le second, plus important, c'est le printemps, une fois les plantules levées et les températures diurnes en hausse. Une cruche au soleil d'avril chauffe et sèche bien plus vite que la pleine terre, et c'est là que se perdent la plupart des semis d'hiver — non pas à cause de l'hiver, mais d'une semaine chaude et sèche au printemps pendant laquelle personne ne surveillait.

Quand ouvrir les cruches et transplanter ?

Ouvrez progressivement, en vous fiant à la météo plutôt qu'au calendrier. Dès que les plantules ont deux ou trois vraies feuilles et que les températures diurnes dépassent régulièrement 10 °C, commencez à décoller le ruban et à rabattre le haut par temps doux, en refermant le soir. Après une semaine environ, laissez les cruches ouvertes en permanence. La transplantation peut se faire bien plus tôt qu'avec des semis d'intérieur, car il n'y a aucune acclimatation à faire : ces plants n'ont jamais connu l'intérieur. Les vivaces rustiques et les légumes tolérants au froid peuvent aller en terre plusieurs semaines avant votre date de dernier gel. N'attendez le dernier gel lui-même que pour un plant réellement gélif — ce qui, dans une cruche de semis d'hiver, ne devrait pas se trouver.

Est-ce que ça fonctionne en zone 2 et en zone 3 ?

Oui, et à certains égards mieux que dans les régions les plus douces du pays. La contrainte en zone froide n'est pas la rigueur de l'hiver : une graine dormante survit à des températures qui tueraient une plantule, et une bonne épaisseur de neige sur les cruches est une isolation plutôt qu'un problème. La contrainte se trouve à l'autre bout du calendrier. Les jardiniers des Prairies et du Nord disposent d'une très longue fenêtre, souvent de cinq à sept mois : les cruches peuvent sortir dès octobre et rien ne presse. Les cas réellement serrés sont les villes côtières douces : Victoria et Vancouver ont un hiver court aux deux extrémités, si bien que l'intervalle entre l'installation de l'hiver et l'arrivée du printemps se compte en semaines et non en mois. Plus doux ne veut pas dire plus facile ici.

Quels contenants utiliser à part une cruche de lait ?

Tout contenant translucide, de qualité alimentaire, d'au moins une dizaine de centimètres de profondeur, qui peut se fermer sur le dessus et se drainer par le bas. La cruche de 4 L est la référence parce qu'elle est gratuite, de la bonne profondeur, et que sa poignée la rend facile à déplacer. Une bouteille de boisson gazeuse de 2 L coupée en deux fonctionne de la même façon. Les contenants de poulet rôti, les boîtes à salade et les emballages coquille de pâtisserie conviennent très bien aux verdures à racines superficielles et ne demandent aucune découpe, seulement des trous de drainage et quelques trous d'aération. Deux règles valent pour tous les contenants. Les trous de drainage au fond ne sont pas facultatifs : sans eux, le contenant devient une flaque de glace scellée qui fait pourrir tout ce qu'elle contient. Et le contenant doit laisser passer la lumière : plastique opaque, carton et surfaces peintes ne conviennent pas, car les plantules ont besoin de lumière dès leur levée.

Qu'est-ce qui échoue le plus souvent ?

Cinq choses, à peu près par ordre de fréquence. Semer trop tôt, si bien qu'un redoux d'automne déclenche la germination et que les plantules affrontent l'hiver sans système racinaire. Choisir des espèces gélives, de loin l'erreur de débutant la plus courante — une tomate semée en hiver n'est qu'une cruche gaspillée. Laisser les cruches s'assécher au printemps, ce qui tue plus de semis que tout l'hiver réuni. Oublier les trous de drainage, ce qui transforme le contenant en bloc de glace puis en flaque putride. Et étiqueter avec quelque chose qui s'efface : un marqueur sur l'extérieur d'une cruche a disparu dès mars après quatre mois de soleil et de neige. Écrivez au crayon de plomb sur une bande découpée dans un couvercle de yogourt et glissez-la à l'intérieur de la cruche, où elle sera encore lisible au printemps.

Calculez vos propres dates

Toute la méthode tient à deux chiffres — votre premier gel d'automne et votre dernier gel de printemps. Cherchez-les pour votre ville, et les dates de sortie et de semis en découlent.

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