Monstera adansonii : entretien et bouturage
Troué dès ses premières feuilles, assez petit pour un appartement, et probablement la plante la plus facile à multiplier que vous posséderez.
Le Monstera adansonii est le monstera qui ne fait pas attendre. Là où un deliciosa passe deux ou trois ans à produire des feuilles entières avant que les découpes apparaissent, l'adansonii est troué dès le départ. Il est aussi bien plus petit, ce qui pour la plupart des appartements canadiens est le point décisif. Ce qu'il demande en retour : un arrosage plus attentif qu'on ne le croit, et une réponse honnête sur la lumière.
L'essentiel : Arrosage — plus souvent qu'un deliciosa : feuilles plus fines, pot plus petit, il sèche plus vite. Bouturage — un nœud, un verre d'eau, 3 à 6 semaines. Tiges dégarnies = manque de lumière. Rapprocher d'une fenêtre et tailler. Suspendu ou grimpant — à décider tôt : le choix change la taille des feuilles. Toxique pour les chats et les chiens, et souvent à leur portée.
Monkey Mask, plante à trous : démêler les noms
Cette plante se vend sous au moins quatre noms, ce qui rend les recherches pénibles. Monkey Mask, Monstera Monkey, plante à trous et Monstera adansonii désignent tous la même espèce. Le nom « Monkey Mask » vient du dessin des perforations, qui évoque un masque.
Deux noms qui ne désignent PAS la même plante, et qu'on trouve pourtant sur les mêmes étagères. Monstera Peru est en général un Monstera karstenianum : feuilles épaisses, gaufrées, brillantes, et sans grands trous — rien à voir. Monstera obliqua est une espèce distincte, nettement plus rare, et son nom est très souvent apposé à tort sur un adansonii ; c'est expliqué plus bas.
Arrosage : il sèche plus vite que le deliciosa
Si vous possédez aussi un deliciosa, ne les arrosez surtout pas le même jour. L'adansonii a des feuilles plus fines, une tige plus fine et le plus souvent un pot bien plus petit : il s'assèche beaucoup plus rapidement. Et contrairement à son grand cousin, il le dit franchement — les tiges s'affaissent en moins d'une journée quand la motte est sèche, et se redressent en quelques heures après un arrosage.
Le repère reste le même : les 5 à 7 cm du dessus secs au doigt. L'intervalle s'allonge quand même en hiver, parce que le terreau met bien plus longtemps à sécher en faible lumière — mais c'est le seul monstera où le manque d'eau est un risque réel et pas seulement théorique, surtout dans un petit pot suspendu près d'une bouche de chauffage.
Une chose à vérifier sur une plante qui vient d'être achetée : les pots suspendus décoratifs n'ont très souvent aucun trou de drainage. Un adansonii dans un pot fermé paraît en forme pendant deux mois, puis jaunit du bas vers le haut. S'il n'y a pas de trou, percez-le, ou gardez le pot de culture en plastique à l'intérieur du cache-pot et sortez-le pour arroser.
Utile ici pour la raison inverse des autres plantes. Dans un petit pot, l'adansonii passe du détrempé au complètement sec bien plus vite qu'un monstera au sol, et un pot suspendu est malcommode à tester du doigt. Une sonde donne la lecture à la racine en une seconde, sans décrocher la plante. Sans pile.
Lien affilié — GrowersGuide.ca peut toucher une commission sur les achats admissibles, sans frais supplémentaires pour vous. En savoir plus.
Votre plante reçoit-elle assez de lumière cet hiver ?
Un hiver canadien coupe les heures d'ensoleillement de moitié. Voyez ce que votre ville reçoit ce mois-ci et si une lampe de croissance est nécessaire.
Bouturage : de loin le plus facile des monstera
La règle est la même que pour tous les monstera : la bouture doit comporter un nœud, cette petite bosse sur la tige à l'endroit où part une feuille. Ce qui change avec l'adansonii, c'est l'arithmétique : la tige est longue et les nœuds sont rapprochés, donc une seule tige dégarnie donne plusieurs boutures au lieu d'une, et les racines viennent vite.
- Coupez un segment portant un ou deux nœuds et au moins une feuille, un centimètre sous le nœud le plus bas.
- Placez dans un verre d'eau claire, nœuds immergés et feuilles hors de l'eau. Changez l'eau chaque semaine.
- Comptez 3 à 6 semaines, souvent plus près du bas de la fourchette qu'un deliciosa.
- Empotez plusieurs boutures ensemble, ou dans le pot de la plante mère, pour obtenir une plante fournie plutôt qu'un seul brin.
Peut-on le garder dans l'eau en permanence ?
Oui, mieux que la plupart des plantes d'intérieur, et beaucoup de gens gardent une bouture en vase pendant des mois. Deux réserves honnêtes tout de même. Les racines formées dans l'eau ne sont pas structurées comme celles formées dans le terreau : une plante gardée longtemps en vase puis empotée traverse souvent une phase de choc où elle perd quelques feuilles. Et l'eau claire n'apporte aucun élément nutritif, donc au-delà de quelques mois la plante stagne et pâlit — à moins d'ajouter un engrais très dilué ou de passer franchement à une culture en billes d'argile, ce que nous abordons dans le guide sur la culture en LECA.
Tiges dégarnies : le problème typique de l'adansonii
De longues tiges nues avec une touffe de feuilles au bout : c'est la plainte caractéristique de cette plante, et la cause dominante est le manque de lumière. La tige s'étire vers un endroit plus clair, et les entre-nœuds — l'espace entre une feuille et la suivante — s'allongent à mesure que la lumière baisse. Dans un logement canadien, cela se joue entre décembre et mars, et en avril on se retrouve avec toute une saison de tige nue.
- Rapprochez-le d'une fenêtre. Cela empêche la suite de s'étirer. Cela ne regarnira pas la tige déjà formée : un nœud qui a passé son moment ne produira pas de feuille plus tard.
- Taillez franchement. Rabattre une tige dégarnie force des ramifications aux nœuds inférieurs, et c'est la seule façon de retrouver une plante fournie. L'adansonii supporte la taille sévère bien mieux qu'un deliciosa : c'est une liane, et tailler une liane relève de l'entretien courant, pas de l'urgence.
Le geste qui transforme le problème en solution : chaque morceau coupé est une bouture, et chaque bouture peut retourner dans le même pot. Trois ou quatre boutures racinées replantées autour du pied mère, et une plante dégarnie redevient fournie en une saison — une réparation qu'aucun propriétaire de deliciosa ne peut faire.
Suspendu ou grimpant ?
C'est le seul choix vraiment structurant avec cette plante, et il est rarement présenté comme un choix : la plupart sont vendues en pot suspendu, donc la plupart des gens les laissent retomber sans savoir qu'il y avait une autre option.
- Suspendu — de longues retombées de petites feuilles trouées, aucune emprise au sol, et des feuilles qui restent modestes. C'est l'aspect pour lequel on achète la plante.
- Grimpant — les racines aériennes s'accrochent au tuteur, la plante bascule vers la croissance adulte, et chaque nouvelle feuille est plus grande et plus découpée que la précédente. Plus facile aussi à garder hors de portée d'un chat.
Aucun des deux n'est une erreur. Mais si vous l'avez acheté en espérant que les feuilles grossissent, la suspension joue contre vous, et un tuteur est la réponse. Décidez tôt : une liane conduite dans un sens pendant deux ans se reconvertit mal.
« Et si c'était un obliqua ? »
La question revient sans cesse, parce que la confusion est réelle dans le commerce. La base Plants of the World Online de Kew note que le nom Monstera obliqua est souvent appliqué à tort au Monstera adansonii, bien plus répandu. C'est un constat sur le nom et sur ce qui se vend, et c'est la seule partie du dossier qui soit fermement établie ; les critères morphologiques qui circulent en ligne sont cohérents entre eux mais ne constituent pas une clé publiée, ce qui n'est pas la même chose. Notre page sur l'obliqua détaille les quatre critères utilisés et indique à quel point chacun est documenté, sans vous dire ce que vous possédez.
L'hiver canadien, en bref
Tout ce qui figure sur la page monstera s'applique, avec deux précisions propres à l'adansonii. Un pot suspendu se trouve plus haut dans la pièce qu'une plante au sol, donc plus près d'une bouche de chauffage et dans un air plus sec — des bords de feuilles bruns et secs en février viennent plus souvent de là que de l'arrosage. Et comme cette plante s'étire vers la lumière au lieu de simplement ralentir, un hiver sombre vous coûte plus cher ici que sur un deliciosa : la tige produite entre décembre et mars est exactement celle que vous taillerez en mai.
Questions fréquentes
Monkey Mask, plante à trous, Monstera Monkey : est-ce la même plante ?
Oui. Ces trois noms désignent le Monstera adansonii, et le commerce les emploie indifféremment. « Monkey Mask » vient du dessin des trous, qui évoque un masque ; « plante à trous » est la description la plus directe. Attention en revanche à deux noms qui ne désignent PAS la même chose : « Monstera Peru » est en général un Monstera karstenianum, une plante à feuilles épaisses et gaufrées sans grands trous, et « Monstera obliqua » est une espèce distincte, beaucoup plus rare, dont le nom est très souvent appliqué à tort à un adansonii.
À quelle fréquence arroser un Monstera adansonii ?
Plus souvent qu'un deliciosa, et c'est ce qui piège ceux qui possèdent les deux. L'adansonii a des feuilles plus fines, une tige plus fine et généralement un pot plus petit : il sèche nettement plus vite. Vérifiez les 5 à 7 cm du dessus et arrosez quand c'est sec. La plante le dit d'ailleurs clairement : elle s'affaisse en moins d'une journée quand elle manque d'eau, et se redresse en quelques heures après l'arrosage. C'est le seul monstera où le manque d'eau est un risque réel et pas seulement théorique.
Comment bouturer un Monstera adansonii dans l'eau ?
C'est le monstera le plus facile à bouturer, et sans doute l'une des plantes les plus faciles tout court. Coupez un segment de tige comportant au moins un nœud — la petite bosse d'où part une feuille — un centimètre sous ce nœud. Placez dans un verre d'eau claire, nœud immergé et feuilles hors de l'eau, à la lumière vive sans soleil direct, et changez l'eau chaque semaine. Comptez 3 à 6 semaines, souvent plus près du bas de la fourchette que pour un deliciosa. Bouturez du printemps au début de l'automne.
Peut-on garder un Monstera adansonii dans l'eau en permanence ?
Oui, il s'en accommode mieux que la plupart des plantes d'intérieur, et beaucoup de gens gardent une bouture dans un vase pendant des mois sans problème. Deux réserves honnêtes. Les racines formées dans l'eau ne sont pas les mêmes que celles formées dans le terreau : une plante gardée longtemps dans l'eau puis empotée traverse souvent une période de choc. Et l'eau seule n'apporte aucun nutriment, donc au-delà de quelques mois la plante stagne et pâlit, à moins d'ajouter un engrais très dilué ou de passer à une culture en billes d'argile.
Pourquoi les tiges de mon adansonii sont-elles dégarnies ?
De longues tiges nues avec quelques feuilles au bout : c'est LE problème caractéristique de cette plante, et la cause est presque toujours le manque de lumière. La tige s'étire vers un endroit plus clair et les entre-nœuds s'allongent à mesure que la lumière baisse. Dans un logement canadien, cela se produit surtout de décembre à mars. Deux gestes, à faire ensemble : rapprocher la plante d'une fenêtre, ce qui empêche la suite de s'étirer — mais ne regarnira pas la tige existante — et tailler franchement, ce qui force des ramifications aux nœuds inférieurs. Chaque morceau coupé est une bouture.
Pourquoi les feuilles de mon Monstera adansonii jaunissent-elles ?
Dans un logement canadien, le premier suspect est l'eau qui stagne aux racines, surtout de novembre à mars quand le terreau met deux fois plus de temps à sécher. Deux causes propres à cette plante méritent d'être vérifiées aussi : un pot suspendu décoratif sans trou de drainage, ce qui est fréquent, et une plante laissée complètement sèche à répétition — la sécheresse chronique fait jaunir et tomber les feuilles les plus anciennes.
Faut-il le suspendre ou le faire grimper ?
Les deux se défendent, mais le choix change la plante. Suspendu, il forme de longues retombées de petites feuilles trouées — c'est l'aspect pour lequel on l'achète en général, et les feuilles restent modestes. Palissé sur un tuteur, les racines aériennes s'accrochent, la plante bascule vers une croissance adulte et les feuilles successives deviennent nettement plus grandes et plus découpées. Décidez tôt : une plante conduite dans un sens pendant deux ans se reconvertit mal.
Le Monstera adansonii est-il toxique pour les chats et les chiens ?
Oui, comme tous les monstera : cristaux d'oxalate de calcium insolubles dans les feuilles et les tiges, qui provoquent une irritation immédiate de la bouche et de la gorge. Une précision utile pour cette espèce en particulier : comme on la cultive le plus souvent en suspension, c'est le monstera le plus souvent à portée d'un chat, pendant exactement à la bonne hauteur. Si votre chat mordille les plantes, un tuteur mural ou une tablette haute avec la croissance dirigée vers le haut est plus prudent qu'un panier suspendu.
📖 Autres pages monstera
Votre coin est-il assez lumineux ?
Les tiges dégarnies sont un problème de lumière avant d'être un problème de taille — vérifiez la pièce d'abord.